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Emb[ART]belés

Destins des oeuvres de prisonniers de guerre (1940-1945)


Proposée par l’Ethnopôle GARAE, l’exposition Emb[ART]belés. Destins des œuvres de prisonniers de guerre (1940‐1945) met à l’honneur les arts graphiques des soldats français détenus dans les camps allemands (Oflags, Stalags et Kommandos de travail).

Dans un style figuratif, sans pathos et parfois avec humour, ces œuvres saisissent la vie derrière les barbelés : les compagnons d’infortune, l’ennui, l’attente, l’intimité des baraques, les travaux auxquels les hommes de troupe sont astreints, les débrouillardises, ainsi que les jeux et les moments de convivialité.
Ces peintures et dessins connurent un grand succès dans toute la France, aussi bien sous le régime de Vichy que sous le Gouvernement Provisoire de la République Française : présenté comme l’avant-garde de la Révolution nationale, l’Art des camps est envisagé tout autrement par les opposants au régime de Vichy et aux nazis, à savoir comme l’expression du « troisième front de la Résistance ».
Cette exposition entend faire connaître, au‐delà de leur teneur documentaire et de leur instrumentalisation, la valeur artistique de ces créations mises à l’honneur pendant l’Occupation et à la Libération, ainsi que leur devenir, partagé entre silence et oubli, jusqu’au début du XXIe siècle.
Elle propose un focus sur quatre artistes d’Occitanie : Louis Cazals, Laurent Escap, Marcel Delaris et Georges Pacouil.

Un parcours chrono-thématique

1 – Introduction
Le contexte historique

2 – Être KG (Kriegsgefangenen) : vivre « encagés »
La vie quotidienne dans les Stalags, les Oflags et les Kommandos de travail

3 – Des muses derrière les barbelés
Créations et expositions dans les camps

4 – Présences de l’Absent
La vie des familles, sans époux et sans père

5 – De Vichy à Alger, circulations des oeuvres de KG (1941‐1945)
Les expositions sous l’Occupation et à la Libération :
‐ Le Salon du Prisonnier (Galliéra, 1941‐1942 ; train‐exposition en zone Sud 1942‐1943)
‐ Prisonniers (Lille, 1943 ; Amiens 1943‐1944)
‐ Retour de captivité (Galliéra, 1943)
‐ L’âme des camps (Grand Palais, 1944)
‐ Alger, 1944 ; Tunis, 1944
‐ Le Front des Barbelés (Grand Palais, 1944‐1945)

6 – Focus sur quatre artistes d’Occitanie
‐ Louis Cazals (1912 – 1945)
‐ Laurent Escap (1913 – 1993)
‐ Marcel Delaris (1911 – 1945)
‐ Georges Pacouil (1903 ‐ 1997)

7 – Œuvres et mémoires : la captivité en clair‐obscur (1945‐2023)
Le travail de mémoire des historiens et des descendants de prisonniers de guerre

Téléchargez ici le dossier de presse





Les commissaires de l’exposition

Véronique Moulinié, ethnologue, directrice de recherches CNRS, Héritages UMR 9022 (CY Cergy Paris Université, CNRS, ministère de la Culture) Sa thèse, soutenue en 1996, interrogeait la fabrication des corps et les normes de la sexualité en fonction des âges de la vie, saisies au prisme des chirurgies banalisées que sont l’ablation des végétations, des amygdales et de l’appendicite au cours de l’enfance ou de l’adolescence et de l’hystérectomie lors du « retour d’âge » féminin. Ses recherches actuelles portent, entre autres, sur le travail (lieux, normes, valeurs, représentations) et sur le patrimoine industriel. Elle porte par ailleurs une attention toute particulière aux mémoires des internements durant la Seconde Guerre mondiale (internement des républicains espagnols en France et captivité des soldats français en Allemagne), et notamment à la place et au rôle des arts et des artistes au sein de celles‐ci.

Virginie Soulier, maître de conférences en muséologie et sciences de l’information et de la communication (SIC) à l’Université de Perpignan Via Domitia, CRESEM ‐ Centre de recherche sur les sociétés et environnements méditerranéens Son Ph.D. et doctorat, obtenu en 2013, portait sur la prise en compte de la parole des autochtones et les expositions polyphoniques dans les musées canadiens. Après un double cursus universitaire en France et au Canada, elle a été lauréate du prix Alice Wilson de la Société Royale du Canada. Ses activités d’enseignement et de recherche s’inscrivent en muséologie, expologie, médiation et éducation muséales. Elle est commissaire d’une dizaine d’expositions en France et à l’étranger et mène plusieurs projets de recherche sur la mise en exposition de différents types de patrimoines.
Ces quatre dernières années, elle s’est surtout concentrée sur la médiation numérique en concevant deux musées numériques, l’un dédié au patrimoine iconographique (EducMédias ‐ Région Occitanie), l’autre aux Fêtes du feu des solstices des Pyrénées centrales (Prometheus ‐ Interreg/Poctefa).


Exposition présentée à la Maison des mémoires à Carcassonne
du 9 janvier au 24 février 2024