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		<title>3. Revues d'ethnologie et ethnologie dans les revues</title>
		<link>https://garae.fr/spip.php?article150</link>
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		<dc:date>2006-01-22T16:35:35Z</dc:date>
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&lt;p&gt;L'ambition de toute revue est de modeler son propre temps, en cela elle se diff&#233;rencie du tout venant des livres. Pour elle le travail d'&#233;laboration et de fabrication doit n&#233;cessairement se r&#233;p&#233;ter ; au-del&#224; de l'&#233;lan premier se b&#226;tit peu &#224; peu une histoire qui, pour une large part, d&#233;pend d'un savoir-faire obstin&#233;, progressivement accumul&#233;. Tout fondateur de revue con&#231;oit son objet, le lance, suppute sur son march&#233; possible, observe les r&#233;sultats de sa diffusion, ajuste parfois son projet &#224; la demande (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://garae.fr/spip.php?rubrique52" rel="directory"&gt;3. Un lieu de r&#233;flexion documentaire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'ambition de toute revue est de modeler son propre temps, en cela elle se diff&#233;rencie du tout venant des livres. Pour elle le travail d'&#233;laboration et de fabrication doit n&#233;cessairement se r&#233;p&#233;ter ; au-del&#224; de l'&#233;lan premier se b&#226;tit peu &#224; peu une histoire qui, pour une large part, d&#233;pend d'un savoir-faire obstin&#233;, progressivement accumul&#233;. Tout fondateur de revue con&#231;oit son objet, le lance, suppute sur son march&#233; possible, observe les r&#233;sultats de sa diffusion, ajuste parfois son projet &#224; la demande pressentie. S'il est auteur, sans doute, il devient vite &#233;diteur, il en acquiert les r&#233;flexes et les comp&#233;tences.&lt;br /&gt;
Ces caract&#232;res, pourtant essentiels, ne seront pas au centre de cet expos&#233; pour la simple raison que l'enqu&#234;te sur la naissance et les modalit&#233;s concr&#232;tes d'existence des revues d'ethnologie, sur les conditions r&#233;elles de leur dur&#233;e, reste &#224; conduire. Cependant, donner, comme nous allons le faire, la priorit&#233; &#224; un tableau de l'ethnologie en revues - en privil&#233;giant l'organisation intellec-tuelle et institutionnelle de l'ethnologie en France - ne nous &#233;loignera pas tellement de ce travail r&#233;it&#233;r&#233; ; nous verrons au passage combien une forme - titre, format, mise en page... -, une p&#233;riodicit&#233;, un choix &#233;ditorial traduisent fid&#232;lement les positions, les aspirations et les &#233;volutions des divers acteurs.&lt;br /&gt;
Partons donc de cette autre particularit&#233; de toute revue : sa gen&#232;se et son histoire sont toujours collectives, inscrites dans un champ de relations qui poss&#232;de sa configuration et son histoire. Pour comprendre le dernier tiers de si&#232;cle qui a vu, en France, le r&#233;seau des revues d'ethnologie atteindre sa plus riche densit&#233;, une pluralit&#233; d'angles de vue est indispensable, elle &#233;vite de &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;surexposer &lt;i&gt; &#187; &lt;/i&gt;ind&#251;ment telle portion du paysage. Nous en avons choisi trois qui renvoient tous &#224; la d&#233;finition m&#234;me de l'ethnologie comme savoir : le premier consid&#232;re le coeur vivant d'une discipline en train de se fonder, le second s'attache plut&#244;t aux implications locales de ce savoir, le troisi&#232;me d&#233;crit les mouvements centrifuges qui voient l'ethnologie g&#233;n&#233;rer sur ses marges des domaines particuliers, &#224; la fronti&#232;re des disciplines. Chacun de ces surgisse-ments, chacune de ces recompositions donnent naissance &#224; des revues qui affirment leur diff&#233;rence. Cette effervescence semble avoir atteint son point culminant autour de l'ann&#233;e 1985 ; &#224; partir de l&#224; peut-on pressentir des agencements nouveaux, d'autres efflorescences ou, du moins, apr&#232;s une p&#233;riode fertile en exp&#233;riences diverses, un &#233;tat d'&#233;quilibre durable ? Telle sera notre ultime question.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fonder une discipline&lt;/strong&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Conform&#233;ment &#224; l'intitul&#233; g&#233;n&#233;ral de la rencontre qui a suscit&#233; ce texte nous (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La guerre finie, une fois circonscrit le d&#233;bat sur les manipulations de l'ethno-logie tout au long de la p&#233;riode vichyste, le centre parisien - l'oeuvre conjointe de Paul Rivet et de Georges-Henri Rivi&#232;re au Mus&#233;e de l'Homme et au Mus&#233;e des Arts et Traditions Populaires - se remet en place. D&#232;s 1947, un bulletin dactylographi&#233;, le &lt;i&gt;Mois d'Ethnographie Fran&#231;aise, &lt;/i&gt;manifeste, avec Marcel Maget, une reprise des enqu&#234;tes de terrain, avec Louis Dumont un effort de bibliographie critique, avec Georges-Henri Rivi&#232;re une relance des projets mus&#233;ographiques. Son intitul&#233; consacre la disparition du mot &#171; folklore &#187; pour d&#233;signer ce domaine du savoir ; d&#233;j&#224;, en 1943, l'introduction de l'expression &#171; ethnographie folklorique &#187; avait marqu&#233; une timide mais r&#233;elle distance &#224; l'&#233;gard du vocabulaire obs&#233;dant de la &#171; R&#233;volution Nationale &#187;, il fallait bien que la &#171; science &#187; se distingu&#226;t de la mise en sc&#232;ne d'une embl&#233;matique de propagande. Pourtant le &lt;i&gt;Mois d'Ethnographie Fran&#231;aise &lt;/i&gt;ne fut pas la seule revue &#224; na&#238;tre dans ces ann&#233;es-l&#224;. D&#232;s 1946, Arnold van Gennep et Henri Poulaille - le militant, avant-guerre, de la &#171; litt&#233;rature prol&#233;tarienne &#187; - avaient lanc&#233; &lt;i&gt;Le Folklore Vivant, &lt;/i&gt;luxueuse et &#233;ph&#233;m&#232;re revue qui, pour sa part, marquait sa r&#233;pulsion &#224; l'&#233;gard du proche pass&#233; par un adjectif - &lt;i&gt;vivant &lt;/i&gt;- et aussi un contenu qui renouait avec le &#171; populaire &#187; au sens progressiste du terme. En 1949, et pour deux ann&#233;es seulement, Van Gennep lan&#231;ait aussi la &lt;i&gt;Nouvelle Revue des Traditions Populaires &lt;/i&gt;qui s'affirmait comme l'h&#233;riti&#232;re du titre fond&#233; et anim&#233;, d&#232;s 1886, par Paul S&#233;billot. Dans le droit fil de sa fameuse anc&#234;tre elle se pr&#233;occupa essentiellement de rites et de r&#233;cits, fid&#232;le &#224; la toute premi&#232;re acception du mot &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;folklore &#187;. Aussi le &lt;i&gt;Mois d'Ethnographie Fran&#231;aise &lt;/i&gt;fut-il, en d&#233;pit de sa modeste pr&#233;sentation, le laboratoire d'une conversion professionnelle de l'ethnologie de la France tandis que les revues de Van Gennep affirmaient, au contraire, la certitude d'une continuit&#233; et d'une l&#233;gitimit&#233; qui n'avaient pas &#224; se remettre en cause. Pendant l'Occupation Van Gennep ne s'&#233;tait-il pas repli&#233; sur Bourg-la-Reine, vivant chichement de traductions administratives, poursuivant dans la plus compl&#232;te discr&#233;tion la r&#233;daction de son &lt;i&gt;Manuel... &lt;/i&gt;mais n'h&#233;sitant pas &#224; exprimer, en 1942, ses doutes sur l'ethnographie d'Henri Pourrat, alors chantre z&#233;l&#233; du mar&#233;chal [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Sur cette p&#233;riode de la vie de Van Gennep voir N. Belmont 1974 et aussi Levy (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;] ? En 1953 cette divergence latente et ses effets paradoxaux s'estomp&#232;rent : la revue &lt;i&gt;Arts et Traditions Populaires, &lt;/i&gt;organe officiel du Mus&#233;e, est cr&#233;&#233;e sous la pr&#233;sidence de Van Gennep ; elle est l'organe de la Soci&#233;t&#233; d'Ethnologie Fran&#231;aise qui succ&#232;de &#224; la Soci&#233;t&#233; de Folklore Fran&#231;ais, si active avant-guerre puis d&#233;consid&#233;r&#233;e et finalement &#233;teinte au temps de la Collaboration. L'ethnologie de la France a, semble-t-il, renou&#233; ces fils et, d&#233;sormais, le Mus&#233;e des Arts et Traditions Populaires abrite une revue dont l'&#233;volution interne refl&#232;te les interrogations de la discipline dans les limites que l'institution nationale g&#233;n&#232;re. Ainsi, en 1971, alors que le mus&#233;e a gagn&#233; le lieu que Georges-Henri Rivi&#232;re lui avait assign&#233;, la revue change-t-elle de titre, de forme et d'orientation, devient &lt;i&gt;Ethnologie Fran&#231;aise &lt;/i&gt;et se trouve d&#233;lib&#233;r&#233;ment plac&#233;e par Jean Cuisenier sous l'&#233;gide des disciplines dominantes &lt;strong&gt; &lt;i&gt;- &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;histoire, sociologie, s&#233;miologie &lt;strong&gt; &lt;i&gt;- &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;dont l'attraction est alors tr&#232;s sensible dans la compo-sition des nouveaux comit&#233;s de direction et de r&#233;daction [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='On lira &#224; ce propos la d&#233;claration liminaire de J. Cuisenier dans Ethnologie (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;].&lt;br /&gt;
Au d&#233;but des ann&#233;es cinquante le partage acad&#233;mique du territoire de l'ethnologie est tr&#232;s clair. Seule &lt;i&gt;L'Ethnographie, &lt;/i&gt;la v&#233;n&#233;rable revue de la Soci&#233;t&#233; d'Ethnographie de Paris qui, en 1946, vient de rena&#238;tre de ses cendres, conserve une orientation g&#233;n&#233;raliste, elle accueille tous les travaux, quel que soit leur terrain. Par ailleurs, la revue du mus&#233;e des Arts et Traditions Populaires se limite &#224; la France, avec quelques rares incursions en Europe, et les grandes aires culturelles exotiques poss&#232;dent leurs propres bulletins et collections de m&#233;moires. L'augmentation progressive du nombre d'ethnologues professionnnels et l'apparition de nouveaux p&#244;les de croissance allaient tr&#232;s vite bouleverser ce paysage. Citons, d'abord, pour m&#233;moire, les deux brillantes ann&#233;es de la &lt;i&gt;Revue de G&#233;ographie Humaine et d'Ethnologie &lt;/i&gt;(1948-1949) dans laquelle A. Leroi-Gourhan et A. G. Haudricourt illustr&#232;rent le courant, tr&#232;s vivant en France, de la technologie compar&#233;e. Il fallut ensuite attendre, en 1960, la cr&#233;ation par Cl. L&#233;vi-Strauss du Laboratoire d'Anthropologie Sociale pour voir na&#238;tre simultan&#233;ment &lt;i&gt;L'Homme &lt;/i&gt;et &lt;i&gt;Etudes Rurales &lt;/i&gt;qui, hors de l'espace universitaire traditionnel tout &#224; fait st&#233;rile en ce domaine, allaient avoir des effets remarquables. A premi&#232;re vue, pourtant, nous restons dans la logique d'un partage des territoires ; la diversit&#233; des orientations affiche plus une compl&#233;mentarit&#233; qu'une concurrence. A &lt;i&gt;L'Homme &lt;/i&gt;revient l'anthropologie des lointains, &#224; &lt;i&gt;Etudes Rurales &lt;/i&gt;l'approche pluridisciplinaire des soci&#233;t&#233;s paysannes dans toute l'&#233;tendue de l'espace et du temps. Mais ces d&#233;limitations se r&#233;v&#233;l&#232;rent assez vite -&lt;strong&gt; &lt;i&gt; &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;et heureusement -&lt;strong&gt; &lt;i&gt; &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;tr&#232;s souples. La possibilit&#233; et la r&#233;alit&#233; effective d'une anthropologie de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise ont conduit &lt;i&gt;L'Homme &lt;/i&gt;&#224; accueillir des articles qui, dans un premier temps, prolongent des th&#232;mes classiques la parent&#233; bretonne en 1965, la cuisine bas-normande en 1966. La s&#233;rie des articles sur Minot, qui parurent de 1970 &#224; 1980, illustra avec talent l'unit&#233; de la d&#233;marche anthropologique, point n'&#233;tait besoin d'exhiber des alliances flatteuses, de se ressourcer &#224; des disciplines tut&#233;laires. Pour &lt;i&gt;Etudes Rurales &lt;/i&gt;la publication, en 1961, du grand article de Pierre Bourdieu sur le c&#233;libat en B&#233;arn avait d&#233;j&#224; donn&#233; le ton ; parmi le concert des savoirs sur les campagnes l'anthropologie sociale a droit de cit&#233;, elle ne cesse d'affir-mer son influence.&lt;br /&gt;
Un instantan&#233; de la situation en 1985 saisit donc le tableau suivant : ces trois revues nationales sont &#224; premi&#232;re vue fermement imbriqu&#233;es. Les r&#233;dacteurs peuvent appartenir au m&#234;me laboratoire, les comit&#233;s de r&#233;daction peuvent en partie se recouvrir et, surtout, les jeunes ethnologues travaillant sur la France et l'Europe participent simultan&#233;ment aux trois revues. Certes la concurrence existe mais elle est moins fond&#233;e sur des rivalit&#233;s de chapelle et de personnes que sur une hi&#233;rarchie implicite dont &lt;i&gt;L'Homme, &lt;/i&gt;moins accueillant aux travaux sur l'Europe, occupe le sommet. La position de l'ethnologie vient renforcer cette relative homog&#233;n&#233;it&#233; : face &#224; de tr&#232;s puissants voisins l'heure est &#224; l'affirmation d'une conception autonome et unitaire, les conflits, pourtant bien r&#233;els, ne donnent pas forme au champ des revues. A la diff&#233;rence de l'histoire et de la sociologie, dont presque tous les p&#233;riodiques sont affili&#233;s &#224; des ob&#233;diences th&#233;oriques et id&#233;ologiques distinctes, l'ethnologie s'efforce d'int&#233;-grer en chacune de ses revues la diversit&#233; des inspirations et des r&#233;f&#233;rences, au point d'aboutir, &#224; terme, &#224; une relative indiff&#233;renciation. Les num&#233;ros sp&#233;ciaux des ann&#233;es quatre-vingt, qu'ils portent sur la parent&#233;, les patronymes ou la ville.., exhibent cette convergence. De m&#234;me &lt;i&gt;l'aggiornamento, &lt;/i&gt;en 1984, de &lt;i&gt;L'Homme &lt;/i&gt;et &lt;i&gt;d'Etudes Rurales &lt;/i&gt;vient-il confirmer cette volont&#233; de libre-&#233;change que le repli sur le terrain fran&#231;ais d'ethnologues des lointains impose dans les faits ; l'ancien partage territorial et th&#233;matique tend &#224; s'effacer et c'est ensemble que les trois revues nationales - &#233;pisodiquement renforc&#233;es par &lt;i&gt;L'Ethnographie &lt;/i&gt;qui, de 1977 &#224; 1988, tente de se renouveler - forment l'espace de cons&#233;cration professionnelle pour tous les ethnologues.&lt;br /&gt;
Sans doute cette longue phase -&lt;strong&gt; &lt;i&gt; &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;de 1946 &#224; 1985 - correspond-elle, en France, &#224; un temps de d&#233;finition de la discipline au sens que Michel Foucault donne &#224; ce terme, c'est-&#224;-dire non pas une science mais &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;un ensemble de m&#233;thodes, un corpus de propositions, de techniques et d'instruments &lt;i&gt; &#187; &lt;/i&gt;(1970 : 32) s'appliquant &#224; &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;un plan d'objets d&#233;termin&#233; &lt;i&gt; &#187; &lt;/i&gt;(id 33). Un tel &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;syst&#232;me anonyme &#224; la disposition de qui veut &lt;i&gt; &#187; &lt;/i&gt;fait passer au second plan le personnage de l'auteur con&#231;u comme le principe d'unit&#233; et de v&#233;rit&#233; du discours [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Cette tension entre &#171; savoir local &#187; et discipline rencontre les r&#233;flexions (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]. Alors la revue, avec son flux continu d'articles, son implicite et constant travail d'orientation, de n&#233;gociation, de remodelage et de r&#233;&#233;criture n'est-elle pas le lieu par excellence d'une &#233;laboration disciplinaire ? C'est en tout cas ce que sugg&#232;re, pour l'ethnologie de la France, la p&#233;riode r&#233;cente : peu de livres, la plupart prisonniers de l'exercice universitaire ou du d&#233;sir fallacieux de vulgariser, mais, en revanche, combien d'articles neufs qui, pour les plus marquants, se donnent comme d&#233;fense et illustration de la d&#233;marche anthropologique et de son pouvoir de d&#233;couverte.&lt;br /&gt;
Cette phase fondatrice trouve dans les plus r&#233;centes cr&#233;ations de revues nationales une confirmation et un nouveau d&#233;ploiement. En 1986 na&#238;t &lt;i&gt;Gradhiva, &lt;/i&gt;consacr&#233;e &#224; l'histoire de l'anthropologie, elle prolonge, avec son style propre, un travail amorc&#233; remarquablement par des chercheurs nord-am&#233;ricains qui, avant d'&#234;tre des anthropologues, sont des analystes de la modernit&#233; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='En France ce sont d'abord des revues qui ont accueilli ces recherches si (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]. L'ethnologie a, en effet, longtemps v&#233;cu sur l'ignorance, la caricature ou le d&#233;ni de sa propre histoire et l'on peut voir dans la parution de &lt;i&gt;Gradhiva &lt;/i&gt;l'indice d'une identit&#233; mieux assum&#233;e jusque dans ses contradictions et ses errements. Dans une certaine mesure &lt;i&gt;Terrain, &lt;/i&gt;qui na&#238;t en 1983 mais ne prend v&#233;ritablement forme que l'ann&#233;e suivante, constitue une expansion sym&#233;trique. Son objet n'est pas l'histoire critique de la discipline mais l'actua-lit&#233; de ses terrains fran&#231;ais et, de plus en plus, europ&#233;ens. Etroitement li&#233;e, dans les premiers temps, aux th&#232;mes de recherche propos&#233;s par le Conseil du Patrimoine ethnologique, elle a &#233;largi peu &#224; peu ses domaines ; conjoignant un fronton th&#233;matique et des fiches d'information tr&#232;s fouill&#233;es elle constitue maintenant une chronique fid&#232;le des recherches en cours. S'y c&#244;toient donc des textes &#233;manant de chercheurs chevronn&#233;s et d'autres de jeunes ethnolo-gues dont &lt;i&gt;Terrain &lt;/i&gt;devient, de plus en plus, le banc d'essai, r&#244;le que ne peuvent tenir les autres revues nationales. Mais &lt;i&gt;Terrain &lt;/i&gt;est aussi une revue charni&#232;re dans le champ de l'ethnologie. En effet la notion de &#171; patrimoine ethnologique &#187;, suscit&#233;e en 1979 par Isac Chiva au sein du minist&#232;re de la Culture, est, par nature, porteuse d'une f&#233;conde ambigu&#239;t&#233;. D'une part elle ent&#233;rine la capacit&#233; de l'ethnologie &#224; produire des connaissances originales sur la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise contemporaine et, d'autre part, en s'attachant &#224; mettre en valeur les actions dispers&#233;es qui prennent l'ethnologie comme r&#233;f&#233;rence, en reconnais-sant la diversit&#233; des lieux - mus&#233;es, &#233;comus&#233;es, associations... - o&#249; ce discours prend forme, elle l&#233;gitime un &#171; savoir local &#187; plus ancien, plus composite, p&#233;riodiquement effervescent et qui, lui aussi, poss&#232;de son propre r&#233;seau de revues que nous allons explorer maintenant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Affirmer un savoir local&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Lorsque, au milieu des ann&#233;es trente, Georges-Henri Rivi&#232;re con&#231;oit son programme d'une ethnographie de la France, il imagine d'embl&#233;e une architec-ture &#224; deux niveaux. A Paris, le mus&#233;e-laboratoire, flanqu&#233; de la Commission Nationale des Arts et Traditions Populaires, de la Soci&#233;t&#233; de Folklore Fran&#231;ais et d'une revue de m&#234;me titre ; en province des p&#244;les d&#233;partementaux id&#233;ale-ment pourvus des m&#234;mes organes dont, en particulier, des revues qu'il fallait cr&#233;er [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='Sur la p&#233;riode fondatrice et la personnalit&#233; de Georges-Henri Rivi&#232;re voir (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]. Nous sommes, en effet, en marge de l'universit&#233; et tout le projet repose sur la f&#233;d&#233;ration de libres engagements, donc sur une orientation nouvelle de la sociabilit&#233; &#233;rudite mise en place au cours du XIXe si&#232;cle. Ainsi naquirent en 1938, selon les voeux de Georges-Henri Rivi&#232;re, trois bulletins - en Champagne, Languedoc et Ile-de-France [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='footnote' title='Folklore Aude, Bulletin Folklorique de l'Ile de France, Bulletin du Comit&#233; (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;] - qui s' ins&#233;raient dans ce canevas. Si tous surv&#233;curent &#224; la guerre ils connurent ensuite un destin autonome et la construction en &#171; r&#233;seau &#187; n'aboutit pas &#224; la multiplication de petites revues coordonn&#233;es et des groupes d'ethnographes amateurs qui les auraient nourries. On conna&#238;t les causes historiques de cet &#233;chec et il faudra un jour revenir sur la captation de cette &#171; r&#233;gionalisation &#187; de la recherche par l'id&#233;ologie p&#233;tainiste mais, au-del&#224; de cette d&#233;rive, il semble qu'une double crise - intellectuelle et sociale - ait mis &#224; mal le projet m&#234;me d'une connaissance programm&#233;e en vue de la cumulation de descriptions comparables.&lt;br /&gt;
D'abord l'&#233;volution interne de la discipline se d&#233;tournait du mod&#232;le d'ethnographie dans l'espace tel qu'il avait &#233;t&#233; con&#231;u par les fondateurs. Celui-ci reposait sur une division du travail assez simple : un questionnaire ferm&#233; &#233;tait &#233;labor&#233; par des sp&#233;cialistes et administr&#233; localement par les &#233;rudits. Mistral, S&#233;billot, Van Gennep, Lucien Febvre... ont collect&#233; de cette fa&#231;on des &#171; faits &#187;localis&#233;s mais pr&#233;alablement construits [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='footnote' title='Sur ce que l'on peut appeler la rupture monographique voir Bromberger 1987 ; (...)' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]. Or, apr&#232;s la guerre, d'autres mod&#232;les de descriptions, en particulier monographiques, s'efforcent de mettre en &#233;vi-dence non plus des traits embl&#233;matiques isol&#233;s mais des fonctionnements complexes, telle est d&#233;sormais la m&#233;thode qui ne s&#233;pare plus le moment de la collecte et le moment interpr&#233;tatif4. Il aurait fallu que l'&#233;rudit, par ailleurs lecteur d'archives, inventeur de sites arch&#233;ologiques ou herboriste m&#233;ticuleux, se transform&#226;t en ethnologue. L'apprentissage impossible d'une discipline en train de se chercher ne pouvait que d&#233;courager une &#233;rudition locale qui, dans les ann&#233;es cinquante, perdait ses fantassins les plus d&#233;vou&#233;s. Cur&#233;s de village, instituteurs, professeurs de lyc&#233;e ne tirent plus leur prestige de la production du savoir sur le lieu ; &#233;ducation populaire puis animation socio-culturelle sollicitent les plus actifs, ils rejoindront, plus tard, une certaine curiosit&#233; ethnologique mais par un tout autre chemin.&lt;br /&gt;
Donc le plan des ann&#233;es trente a &#233;chou&#233;, la jonction entre la discipline en construction et l'accumulation locale du savoir n'a pas eu lieu. &lt;i&gt;Arts et Tradi-tions Populaires &lt;/i&gt;a certes tent&#233;, dans les dix premi&#232;res ann&#233;es de son existence, de concilier les extr&#234;mes en se pr&#233;sentant &#224; la fois comme une revue de professionnels et un bulletin d'information attentif aux initiatives locales mais nous avons vu comment, en 1971, la nouvelle &lt;i&gt;Ethnologie Fran&#231;aise &lt;/i&gt;a rompu avec cette dualit&#233;. Pourtant des revues r&#233;gionales et locales existent aujourd'hui, leur naissance et leur essor ob&#233;issent &#224; des logiques nouvelles et diverses, nous en retiendrons trois qui toutes confirment le lien entre revue, institution et projet culturel.&lt;br /&gt;
L'ethnologie, nous l'avons vu, n'a pu s'immiscer dans la pratique des soci&#233;t&#233;s savantes, elle n'avait pas la l&#233;gitimit&#233; d'une discipline traditionnelle, elle n'en avait pas non plus la m&#233;thode simplifi&#233;e, celle qui permet la division des t&#226;ches, et puis, sans doute, arrivait-elle trop tard, au moment m&#234;me du d&#233;clin - relatif et in&#233;gal - de ces institutions [&lt;a href='#nb9' class='spip_note' rel='footnote' title='Quelques travaux sur ces soci&#233;t&#233;s savantes, leur fondation et leurs (...)' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;]. Pourtant, dans les villes universitaires, le &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;savoir local &lt;i&gt; &#187; &lt;/i&gt;a &#233;t&#233;, d&#232;s les ann&#233;es vingt, reconnu et pratiqu&#233; comme un exercice intellectuel noble. Historiens, g&#233;ographes et arch&#233;ologues ont pris pour terrain leur r&#233;gion, ils ont parfois accueilli l'ethnographie parmi les disciplines descriptives et lui ont fait place dans les grandes revues r&#233;giona-les, ces organes des nouvelles soci&#233;t&#233;s savantes, consacr&#233;s par l'universit&#233; et, en principe, plus exigeants quant au niveau de comp&#233;tence de leurs contribu-teurs. Mais ce cadre g&#233;n&#233;ral n'a suscit&#233; que des r&#233;alisations particuli&#232;res, chaque revue r&#233;gionale, en effet, constitue un cas d'esp&#232;ce. Si les &lt;i&gt;Annales du Midi, &lt;/i&gt;publi&#233;es &#224; Toulouse, sont peu ouvertes &#224; l'ethnologie, &lt;i&gt;Provence Histori-que &lt;/i&gt;&#224; Marseille ou les &lt;i&gt;Annales de Normandie &lt;/i&gt;&#224; Caen y sont beaucoup plus attentives. &lt;i&gt;Etudes Corses, &lt;/i&gt;de par la situation de l'&#238;le, tend &#224; ordonner son &#233;rudition autour des questions d'identit&#233; ; aussi, depuis 1975, l'ethnologie y occupe-t-elle une place grandissante ; ce fut aussi le cas, pendant quelques ann&#233;es, de la &lt;i&gt;Revue R&#233;gionaliste des Pyr&#233;n&#233;es &lt;/i&gt;attach&#233;e &#224; l'inventaire des techniques et des modes de vie b&#233;arnais. Promue, ici et l&#224;, par la mutation universitaire de la revue savante, l'ethnologie reste cependant trop peu ensei-gn&#233;e pour donner naissance &#224; ces bulletins internes, publi&#233;s par les presses des universit&#233;s comme une &#233;manation du groupe des enseignants. Des s&#233;ries existent &#224; Bordeaux, depuis 1970, &#224; Montpellier depuis 1986, mais seule la &lt;i&gt;Revue des Sciences Sociales de la France de l'Est, &lt;/i&gt;publi&#233;e &#224; Strasbourg, s'est assur&#233;e un rayonnement qui d&#233;passe les limites communes de l'autopublica-tion. Le cas &lt;i&gt;d'Ethnologia &lt;/i&gt;est autrement symptomatique ; la revue est issue d'un bulletin savant pluridisciplinaire, &lt;i&gt;Etudes Limousines, &lt;/i&gt;o&#249; se c&#244;toyaient l'histoire, l'arch&#233;ologie, la g&#233;ographie humaine et l'ethnologie. Cette derni&#232;re, tr&#232;s marginale &#224; l'universit&#233; de Limoges, a tent&#233; de s'affirmer, apr&#232;s 1977, &#224; travers une v&#233;ritable revue, inversant, en quelque sorte, le processus habituel mais ses difficult&#233;s de parution d&#233;noncent aujourd'hui la fragilit&#233; d'une base institutionnelle dont elles confirment en retour la n&#233;cessit&#233;.&lt;br /&gt;
En effet, lorsque l'universit&#233; fait d&#233;faut, d&#233;laissant son r&#244;le de production, de promotion ou de diffusion du savoir local, la revue ne peut &#234;tre h&#233;berg&#233;e que par une institution qui prend &#224; sa charge ces fonctions. Dans de nombreux pays de l'Europe du Nord et du Centre le mus&#233;e r&#233;gional occupe cette place, c'est le cas en France, &#224; Grenoble, pour le mus&#233;e dauphinois qui accueillit en 1973 &lt;i&gt;Le Monde Alpin et Rhodanien, &lt;/i&gt;revue fond&#233;e par un ethnologue, Charles Joisten. Certes la mutation universitaire de la revue &#233;tait inscrite dans le projet initial et elle a tr&#232;s vite eu lieu. &lt;i&gt;Le Monde Alpin et Rhodanien &lt;/i&gt;s'est d'abord impos&#233; comme une revue r&#233;gionale de qualit&#233; - &#224; vrai dire la seule en France - jouant, en Rh&#244;ne-Alpes, le r&#244;le d'accueil et de cons&#233;cration pour de jeunes chercheurs qui y c&#244;toient des ethnologues, des linguistes et des historiens travaillant dans son espace de r&#233;f&#233;rence, parfois compar&#233; &#224; d'autres terrains. Par l&#224;, cette revue t&#233;moigne d'un cheminement, d'une oscillation ou d'une rencontre entre un programme de &#171; savoir local &#187; et un effort de construction de la discipline, aussi vient-elle, surtout avec ses num&#233;ros sp&#233;ciaux, s'agr&#233;ger au groupe restreint des revues fondatrices.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Reste un dernier surgissement, le plus confus sans doute, le plus difficile &#224; cerner, mais dont on peut affirmer aujourd'hui l'importance grandissante, il nous conduit jusqu'aux fronti&#232;res de la revue et du magazine culturel. Apr&#232;s la guerre, peu &#224; peu, les acteurs de l'ancienne sociabilit&#233; savante ont gliss&#233; vers l'animation, l'&#233;ducation populaire, l'action culturelle qui, dans les ann&#233;es soixante-dix, a pris en charge dans certaines r&#233;gions l'inventaire et l'expression d'une m&#233;moire qualifi&#233;e de &#171; rurale &#187; ou de &#171; populaire &#187;. Ce nouveau p&#244;le s est souvent constitu&#233; contre les notables &#233;rudits, rest&#233;s fid&#232;les au mod&#232;le ant&#233;rieur du savoir sur l'espace local, aussi a-t-il g&#233;n&#233;r&#233; ses propres organes d'expression associations, mus&#233;es et aussi revues. Et c'est l&#224; que la vari&#233;t&#233; des situations et des choix est d&#233;concertante. Quelques-uns - par exemple &lt;i&gt;Aguiaine &lt;/i&gt;en Poitou, Saintonge et Vend&#233;e -n'ont pas rompu avec une forme d'expression litt&#233;raire r&#233;gionaliste et se trouvent donc, dans leur propre pays, souvent contest&#233;s par des publications plus jeunes et plus militantes. Mais la mutation principale touche plut&#244;t l'&#233;conomie de la revue, au sens g&#233;n&#233;ral du terme. Si &lt;i&gt;Quercy-Recherche, &lt;/i&gt;n&#233;e en 1974, reste une revue artisanale, cepen-dant soutenue par la publicit&#233;, &lt;i&gt;C&#233;nomane &lt;/i&gt;dans l'Indre et, surtout &lt;i&gt;ArMen &lt;/i&gt;en Bretagne repr&#233;sentent une nouvelle g&#233;n&#233;ration. Cette derni&#232;re, diffus&#233;e en kiosque, richement illustr&#233;e, accompagn&#233;e de collections de luxueux ouvrages, ent&#233;rine la fin de l'&#232;re militante. Sa recherche d'une forme nouvelle de commu-nication suppose l'&#233;mergence d'un public diff&#233;rent qui refl&#232;te des mutations r&#233;centes de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise. Si les autochtones peuvent se reconna&#238;tre dans l'&#233;l&#233;gant miroir de la revue, ils sont rejoints non seulement par les &#233;migr&#233;s nostalgiques mais aussi par les nouveaux install&#233;s, grands consommateurs d'un savoir qui les &#171; naturalise &#187;, et encore par les passants, les touristes. Aussi les tirages &lt;i&gt;d'ArMen &lt;/i&gt;- 15 000 &#224; 20 000 exemplaires - sont-ils sans commune mesure avec la diffusion moyenne des revues d'ethnologie. Quelles connaissaces vulgarise ce genre de magazine ? En fait un savoir &#224; l'ancienne converti au go&#251;t du jour ; comme par le pass&#233; la localisation prend le pas sur la coh&#233;rence interne - tout est int&#233;ressant &#224; condition d'&#234;tre du lieu - mais l'&#233;cologie a remplac&#233; les sciences naturelles et l'ethnologie l'&#233;rudition historique... tandis que la maquette et la pr&#233;sentation sont des plus attrayantes. En cela pareille revue n'est plus simplement un lieu d'inventaire et d'exhibition du patrimoine r&#233;gional ; en le d&#233;finissant, en le r&#233;v&#233;lant elle le fait entrer dans la modernit&#233; de l'&#233;change &#233;conomique et elle instaure pour l'ethnologie un nouvel espace de l&#233;gitimation, d&#233;cisif sans doute pour que soient sollicit&#233;s les pouvoirs - proches ou centraux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La dispersion aux confins&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Discipline et savoir local, telles sont donc les deux finalit&#233;s, parfois contra-dictoires, en tout cas d'articulation d&#233;licate, qui orientent l'ethnologie de la France et que la notion r&#233;cente de &quot; patrimoine ethnologique &quot; s'efforce de concilier. La diversit&#233; actuelle des revues s'explique, &#224; nos yeux, par cette tension principale - qui marque tout particuli&#232;rement ce domaine en sociolo-gie les contradictions sont tr&#232;s diff&#233;rentes, en histoire elles ont &#233;t&#233;, avec le temps, autrement am&#233;nag&#233;es. Mais la dispersion - et la richesse - actuelle de l'ethnologie fait aussi entrer en jeu deux autres mouvements dont la tension premi&#232;re peut accentuer la force et souligner les effets. D'abord, depuis une quinzaine d'ann&#233;es surtout, la discipline est soumise &#224; une logique de sp&#233;cialisation et de confrontation qui conduit &#224; la multiplication des revues. Ensuite, les d&#233;couvertes de l'ethnologie, ses analyses de la soci&#233;t&#233; entrent, par intermittence, dans l'espace des revues en g&#233;n&#233;ral ; ce rayonnement au-del&#224; des cercles initiaux - disciplinaire, local et patrimonial - m&#233;rite aussi attention si l'on admet, pour le d&#233;plorer parfois, que le poids relatif d'une &#171; science humaine &#187; s'&#233;value aussi sur ce terrain ext&#233;rieur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La m&#233;diocrit&#233; des cr&#233;dits de soutien aux revues scientifiques a souvent incit&#233; le pouvoir administratif central &#224; pr&#234;cher leur fusion ou la r&#233;duction de leur nombre. Ce choix heurte de front l'ethnologie o&#249;, nous l'avons vu, les universit&#233;s, qui pourraient, comme en histoire ou en psychologie, entretenir ou soutenir la diversit&#233;, sont presque absentes. Mais cette injonction p&#233;riodique n'a jamais eu un r&#233;el effet ; bien au contraire, depuis le d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt, les revues, projet&#233;es et r&#233;alis&#233;es, se multiplient, attestant d'une activit&#233; constante de red&#233;finition, de d&#233;coupage conceptuel. A c&#244;t&#233; des cr&#233;a-tions que nous avons d'embl&#233;e pr&#233;sent&#233;es et qui renforcent le noyau de la discipline d'autres t&#233;moignent plut&#244;t de son cloisonnement interne. La place nous manque pour r&#233;fl&#233;chir sur l'origine et le sens de cette dispersion, nous y reconna&#238;trons simplement trois tendances bien affirm&#233;es qui, chacune, tra-vaillent &#224; la reconnaissance de leur sp&#233;cificit&#233; dont la revue est le signe et le moyen.&lt;br /&gt;
La premi&#232;re s'efforce de cerner dans la totalit&#233; sociale et culturelle un objet ou un domaine, d&#233;j&#224; bien rep&#233;r&#233;s par l'ethnologie classique mais susceptibles d'une approche unifi&#233;e qui comprenne les phases canoniques de l'analyse : description, compr&#233;hension dans un ensemble localis&#233;, explications g&#233;n&#233;rales de type historique ou sociologique. Sur cette m&#234;me base ont germ&#233; des revues th&#233;matiques consacr&#233;es &#224; la technologie g&#233;n&#233;rale &lt;i&gt;(Techniques et Culture &lt;/i&gt;1983) ou &#224; l'un de ses secteurs particuliers &lt;i&gt;(Anthropologie Maritime &lt;/i&gt;1984), aux savoirs naturalistes &lt;i&gt;(Jatba &lt;/i&gt;depuis 1977, &lt;i&gt;Savoirs &lt;/i&gt;1988) r&#233;cemment prolong&#233;s d'un appendice, l'ethno-m&#233;decine. L'enjeu est ici relativement clair : il s'agit soit de &#171; &lt;i&gt; &lt;/i&gt;sauver&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;l'infrastructure &#187; jug&#233;e trop n&#233;glig&#233;e par l'anthropologie sociale &#224; la fran&#231;aise soit, selon une ambition r&#233;cente et encore assez n&#233;bu-leuse, d'absorber l'ethnologie dans les sciences cognitives afin de repenser de fond en comble ses principes.&lt;br /&gt;
Ce dernier point rejoint le deuxi&#232;me courant centrifuge, celui qui d&#233;coupe et autonomise des champs nouveaux au point de tangence des disciplines. En ce domaine les pionniers jouent longtemps leur r&#244;le d'anc&#234;tres tut&#233;laires. Ainsi l'ethno-psychiatrie de G. Devereux est-elle un h&#233;ritage particuli&#232;rement convoit&#233; dont une revue s'est vite appropri&#233;e l'intitul&#233;. En mati&#232;re d'ethnolo-gie juridique la querelle des anc&#234;tres et des d&#233;finitions est significative d'un d&#233;bat id&#233;ologique qu'accueille surtout &lt;i&gt;Droit et Culture &lt;/i&gt;(1981). Notons cepen-dant qu'il n'existe, en France, aucune revue autonome traitant, par exemple, des relations entre ethnologie et linguistique &lt;i&gt;(Langage et Soci&#233;t&#233; &lt;/i&gt;(1977) a une ambition plus large) ou entre ethnologie et histoire &lt;i&gt;(Anthropology and History &lt;/i&gt;fut une br&#232;ve aventure), tant ces dialogues sont plac&#233;s, de fa&#231;on plus ou moins latente, au coeur de la construction disciplinaire. Une exception cependant, pour l'instant tout &#224; fait isol&#233;e mais de grande importance dans le d&#233;bat actuel sur l'extension de l'anthropologie non seulement dans l'espace mais aussi dans le temps, la revue franco-grecque &lt;i&gt;M&#233;tis &lt;/i&gt;(1986), sous-titr&#233;e &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;Revue d'anthropologie du monde grec ancien &lt;i&gt; &#187;, &lt;/i&gt;elle a pour ambition de repenser l'apport des disciplines humanistes - philologie, arch&#233;ologie et histoire.&lt;br /&gt;
Enfin, troisi&#232;me tendance, selon une tradition ancienne de l'ethnologie europ&#233;enne, plusieurs revues se proposent d'&#233;lucider des oeuvres &#233;labor&#233;es, &#224; la fois comme des langages sp&#233;cifiques et comme des t&#233;moins des soci&#233;t&#233;s. La musique, la litt&#233;rature orale ont ainsi leurs organes propres. Ce n'est pas encore le cas des arts plastiques - dits populaires - et une revue europ&#233;enne d'ethnologie des formes, projet&#233;e au d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt, n'a pas r&#233;ussi &#224; voir le jour.&lt;br /&gt;
Objets partiels, confins disciplinaires, formes expressives viennent croiser en plusieurs points l'axe qui oppose et unit discipline et savoir local. Ainsi le d&#233;bat sur les principes et les fronti&#232;res de l'anthropologie emprunte-t-il souvent le d&#233;tour d'un nouveau d&#233;coupage interne qui, lui-m&#234;me, peut se trouver pris dans les mailles du savoir localis&#233; lorsque l'inventaire - des savoirs et des oeuvres - co&#239;ncide avec un espace restreint et se pare de la vertu patrimoniale. Notons surtout que toutes ces tentatives ne remettent pas en cause la discipline elle-m&#234;me, elles posent plut&#244;t en principe que la compr&#233;hension de leur domaine particulier ne peut advenir qu'en le resituant dans une totalit&#233; - r&#233;elle et th&#233;orique -, elles d&#233;signent donc comme leur &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;contexte &lt;i&gt; &#187; &lt;/i&gt;la soci&#233;t&#233; et l'anthropologie en g&#233;n&#233;ral.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sans doute cette diversification interne contribue-t-elle - parfois au prix d'une certaine dissolution - &#224; &#233;largir l'influence de l'ethnologie mais plus d&#233;cisive est sa pr&#233;sence dans des p&#233;riodiques de plus large diffusion qui l'accueillent, la diffusent, en font une des sciences sociales les plus &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;deman-d&#233;es &lt;i&gt; &#187; &lt;/i&gt;dans le concert culturel. Apr&#232;s avoir parcouru le champ actuel des revues d'ethnologie que dire, pour conclure, de l'ethnologie dans les revues ?&lt;br /&gt;
D'abord qu'il est impossible de s'en tenir au point de vue interne de la discipline, de ses d&#233;veloppements et de ses conflits pour prendre une perspec-tive cavali&#232;re de cette diss&#233;mination. En fait l'ethnologie, ou plut&#244;t tel ou tel de ses th&#232;mes, telle ou telle de ses propositions, vient &#224; un moment donn&#233; jouer un r&#244;le strat&#233;gique dans la d&#233;finition d'une revue culturelle, de son domaine d'&#233;lection et de ses r&#233;f&#233;rences. Il serait donc n&#233;cessaire, pour &#234;tre exact et complet, de suivre chaque parcours et de saisir &#224; chaque moment l'&#233;tat des relations que les revues entretiennent ensemble. Or les &#233;l&#233;ments de cette histoire intellectuelle et de cette sociologie historique nous font d&#233;faut et les rares &#233;tudes existantes sur les grandes revues ne se sont pas int&#233;ress&#233;es &#224; l'accueil et &#224; l'usage des sciences en g&#233;n&#233;ral. Combien pourtant serait instructive une enqu&#234;te sur l'ethnologie dans &lt;i&gt;La Nouvelle Revue Fran&#231;aise &lt;/i&gt;au temps de Paulhan, dans &lt;i&gt;Critique &lt;/i&gt;sous la f&#233;rule de Bataille puis de Jean Piel, dans &lt;i&gt;Les Temps Modernes &lt;/i&gt;des ann&#233;es Merleau-Ponty [&lt;a href='#nb10' class='spip_note' rel='footnote' title='Le beau travail d'A. Angles sur La NRF et celui d'A. Boschetti sur Les Temps (...)' id='nh10'&gt;10&lt;/a&gt;]. Tenons-nous en pour l'instant &#224; une distinction sans doute simplificatrice d'une part l'ethnologie constitu&#233;e, d&#233;finie par ses r&#233;sultats, appara&#238;t, de temps &#224; autre, comme partie prenante d'un d&#233;bat que quelques revues entretiennent ; de l'autre l'ethnologie est plut&#244;t mise &#224; l'&#233;preuve dans un dialogue plus large, autour d'un objet particulier, convenu ou insolite, qu'une revue a choisi d'explorer.&lt;br /&gt;
Exemple parfait du premier usage : la discussion des ann&#233;es 1965-1970 autour du structuralisme. La th&#233;orie, artificiellement unifi&#233;e, a donn&#233; lieu &#224; quelques num&#233;ros sp&#233;ciaux c&#233;l&#232;bres - &lt;i&gt;Esprit, &lt;/i&gt;novembre 1963 ; &lt;i&gt;Les Temps Modernes, &lt;/i&gt;novembre 1966 - auxquels ont r&#233;pondu, simultan&#233;ment ou avec quelques ann&#233;es de d&#233;calage, d'autres courants herm&#233;neutique dans &lt;i&gt;Esprit &lt;/i&gt;encore, marxiste dans &lt;i&gt;La Pens&#233;e. &lt;/i&gt;Dans la mouvance de ce d&#233;bat l'ambition ou le r&#234;ve d'une science g&#233;n&#233;rale des signes explique aussi la pr&#233;sence de l'ethnologie - au moins comme r&#233;f&#233;rence - dans la revue &lt;i&gt;Communications &lt;/i&gt;&#224; la m&#234;me &#233;poque. Y a-t-il aujourd'hui des projets ou controverses &#233;quivalents ? Sans doute ; n'est ce pas l'ethnologie qui est prise &#224; partie dans les discussions sur le relativisme, l'universalisme et leurs effets id&#233;ologiques ou encore sur le grand partage entre soci&#233;t&#233;s holistes et soci&#233;t&#233;s individualistes [&lt;a href='#nb11' class='spip_note' rel='footnote' title='Notons une r&#233;ponse d'A. Gosselin au r&#233;quisitoire d'A. Finkelkraut dans (...)' id='nh11'&gt;11&lt;/a&gt;] ?&lt;br /&gt;
Face &#224; ces rencontres ponctuelles, qui risquent de ne durer qu'une saison, d'autres revues s'offrent comme th&#233;&#226;tre d'un plus profond &#233;change. Les &lt;i&gt;Anna-les ESC, &lt;/i&gt;la grande revue historique qui a longtemps domin&#233; le paysage des sciences sociales, a entretenu, et entretient encore, avec l'ethnologie des relations &#224; &#233;clipses qui tiennent surtout aux discussions entre historiens que la &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;question anthropologique &lt;i&gt; &#187; &lt;/i&gt;vient p&#233;riodiquement raviver. &lt;i&gt;Le Temps de la R&#233;flexion &lt;/i&gt;(1980), &lt;i&gt;Le Genre Humain &lt;/i&gt;(1982) et, surtout, la &lt;i&gt;Nouvelle Revue de Psychanalyse, &lt;/i&gt;l'une des tr&#232;s rares revues de sciences humaines qui, depuis 1970, est assur&#233;e d'un succ&#232;s continu, sont aujourd'hui des lieux d&#233;centr&#233;s o&#249; peuvent s'&#233;tablir de vrais contacts disciplinaires moins par la discussion ouverte et directe que par le c&#244;toiement, autour de th&#232;mes singuliers, de lectures dont on a su pr&#233;server la diversit&#233; des origines et des langages. Il se peut, en effet, que le rayonnement de l'ethnologie passe moins aujourd'hui par la participation bruyante &#224; quelques grands d&#233;bats - n'a-t-elle pas r&#233;pliqu&#233; par un silence entendu &#224; l'accusation qui lui fut nagu&#232;re adress&#233; de pr&#244;ner un relativisme culturel absolu ! &lt;strong&gt; &lt;i&gt;- &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;que par la d&#233;monstration pr&#233;cise de son effica-cit&#233; interpr&#233;tative, s'exer&#231;ant sur des oeuvres, des situations et des soci&#233;t&#233;s qui ne sont &#233;clair&#233;es qu'au terme d'une approche d&#233;tourn&#233;e.&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Daniel FABRE&lt;/strong&gt;
&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Bibliographie&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;ANGLES Auguste&lt;br /&gt;
1978-l987 &lt;i&gt;Andr&#233;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Gide et le premier groupe de La Nouvelle Revue Fran&#231;aise, &lt;/i&gt;Paris, Gallimard, Biblioth&#232;que des id&#233;es. 3 vols.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;BELMONT Nicole&lt;br /&gt;
1973	&lt;i&gt;Arnold Van Gennep, le cr&#233;ateur de l'ethnographie fran&#231;aise, &lt;/i&gt;Paris, Payot, &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;Petite biblioth&#232;que Payot &lt;i&gt; &#187;, &lt;/i&gt;n&#176; 232.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;BOSCHETTI Anna&lt;br /&gt;
1986	&lt;i&gt;Les Temps Modernes, &lt;/i&gt;Paris, Ed. de minuit, coll. &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;Le sens com-mun &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;BOURDIEU Pierre&lt;br /&gt;
1962	&lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;C&#233;libat et condition paysanne &lt;i&gt; &#187;, Etudes Rurales, &lt;/i&gt;nos 5-6 : &lt;i&gt;32-135.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;BROMBERGER Christian&lt;br /&gt;
1987	&lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;Du grand au petit. Variations des &#233;chelles et des objets d'analyse dans l'histoire r&#233;cente de l'ethnologie de la France &lt;i&gt; &#187;, &lt;/i&gt;in Chiva et Jeggle 1987 : 67-94.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CHIVA Isac&lt;br /&gt;
1985	&lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;Georges-Henri Rivi&#232;re, un demi-si&#232;cle d'ethnologie de la France &lt;i&gt; &#187;, Terrain, &lt;/i&gt;no &lt;i&gt;5, &lt;/i&gt;octobre 1985 : 76-83.&lt;br /&gt;
1987	&lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;Entre livre et mus&#233;e. Emergence d'une ethnologie de la France &lt;i&gt; &#187;, &lt;/i&gt;in Chiva et Jeggle 1987 : 9-34.&lt;br /&gt;
CHIVA Isac et JEGGLE, Utz, &#233;d.&lt;br /&gt;
1987	&lt;i&gt;Ethnologies en miroir. La France et les pays de langue allemande, &lt;/i&gt;Paris, MSH-MPE coll. &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;Ethnologie de la France &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CLIFFORD James&lt;br /&gt;
1983	&lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;De l'autorit&#233; en ethnographie &lt;i&gt; &#187;, L'Ethnographie, &lt;/i&gt;no 90-91, 1983-2, &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;L'anthropologie : points d'histoire &lt;i&gt; &#187; &lt;/i&gt; : 87-118.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;Le Croisement des cultures &lt;i&gt; &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;1986	&lt;i&gt;Communications, &lt;/i&gt;no 43.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;FABRE Daniel&lt;br /&gt;
1982	&lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;Pr&#233;sentation &lt;i&gt; &#187;, &lt;/i&gt;in &lt;i&gt;Un demi-si&#232;cle d'ethnologie occitane, &lt;/i&gt;Carcas-sonne, GARAE : 5-24.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;FABRE-VASSAS Claudine et FABRE Daniel&lt;br /&gt;
1987	&lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;L'ethnologie du symbolique en France. Situation et perspecti-ves &lt;i&gt; &#187;, &lt;/i&gt;in Chiva et Jeggle 1987 : 123-138.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;FAURE Christian&lt;br /&gt;
1989	&lt;i&gt;Le projet culturel de Vichy, &lt;/i&gt;Presses universitaires de Lyon et CNRS.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;FOUCAULT Michel&lt;br /&gt;
1970	&lt;i&gt;L'ordre du discours, &lt;/i&gt;Paris, Gallimard.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;Hommage &#224; Georges-Henri RIVI&#200;RE &lt;i&gt; &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;1986 &lt;i&gt;Ethnologie Fran&#231;aise, &lt;/i&gt;XVI-2, avril-juin 1986 :123-136.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;Hommage de la Soci&#233;t&#233; d'Ethnologie Fran&#231;aise : George-Henri RIVI&#200;RE &#187; &lt;br /&gt;
1987 &lt;i&gt;Ethnologie Fran&#231;aise, &lt;/i&gt;XVII-1, janvier-mars 1987 : 7-100.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;IZARD Michel&lt;br /&gt;
1965 &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;La Terminologie de parent&#233; bretonne &lt;i&gt; &#187;, L'Homme, &lt;/i&gt;V-3-4 : 88-100.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;JAMIN Jean
1988	&lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;L'histoire de l'ethnologie est-elle une histoire comme les autres &lt;i&gt; &#187;, Revue de Synth&#232;se, &lt;/i&gt;IV nos 3-4, juillet-d&#233;cembre 1988 : 469-483.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;La pens&#233;e sauvage et le structuralisme &lt;i&gt; &#187;&lt;br /&gt;
1963	&lt;i&gt;Esprit, &lt;/i&gt;31 an., no 322, novembre 1963.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L&#201;VI-STRAUSS Claude et ERIBON Didier&lt;br /&gt;
1988 &lt;i&gt;De pr&#232;s et de loin, &lt;/i&gt;Paris, Ed. Odile Jacob.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;LEVY ZUMWALT Rosemary&lt;br /&gt;
1988	&lt;i&gt;The Enigma of Arnold Van Gennep (1873-1957) Master of French Folklore and Hermit of Bourg-la-Reine. &lt;/i&gt;Helsinki, Academia Scien-tiarum Fennica, FFC no 241.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;RIVI&#200;RE Georges-Henri&lt;br /&gt;
1989	&lt;i&gt;La mus&#233;ologie, &lt;/i&gt;Paris, Dunod.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Soci&#233;t&#233;s savantes et recherche ethnologique &lt;/i&gt; &#187;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;
1989	Actes du colloque de la commission Anthropologie et ethnologie fran&#231;aise, 113e congr&#232;s National des Soci&#233;t&#233;s Savantes, Strasbourg, avril 1988 (sous presse).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; &lt;/i&gt;Le texte ethnographique &#187;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;
1985	&lt;i&gt;Etudes Rurales, &lt;/i&gt;nos 97-98.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;VAN GENNEP Arnold&lt;br /&gt;
1937 &lt;i&gt;Manuel de Folklore fran&#231;ais contemporain, &lt;/i&gt;t. III, Paris, Picard.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;VERDIER Yvonne&lt;br /&gt;
1966 &#171; &lt;i&gt; &lt;/i&gt;Repas bas-normands &#187;, &lt;i&gt;L'Homme, &lt;/i&gt;VI-3 : 92-III.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Conform&#233;ment &#224; l'intitul&#233; g&#233;n&#233;ral de la rencontre qui a suscit&#233; ce texte nous centrerons notre expos&#233; sur l'ethnologie de la France tout en l'incluant dans l'anthropo-logie g&#233;n&#233;rale - ce qui est une de ses sp&#233;cificit&#233;s &lt;i&gt; ; &lt;/i&gt;de plus la fronti&#232;re entre ces territoires de l'ethnologie s'efface tout &#224; fait d&#232;s que la discipline est confront&#233;e avec ses voisines et concurrentes, de m&#234;me qu'avec sa propre diversification.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Sur cette p&#233;riode de la vie de Van Gennep voir N. Belmont 1974 et aussi Levy Zumwalt 1988. Le d&#233;bat sur Henri Pourrat est dans Van Gennep 1942.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] On lira &#224; ce propos la d&#233;claration liminaire de J. Cuisenier dans &lt;i&gt;Ethnologie Fran&#231;aise &lt;/i&gt;1971-1 : 7-10 et ci-apr&#232;s p. 37-39. Sur la br&#232;ve domination du mod&#232;le s&#233;miolo-gique g&#233;n&#233;ralis&#233;, voir D. Fabre in Chiva et Jeggle 1987 : 392-394.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] Cette tension entre &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;savoir local &#187; et discipline rencontre les r&#233;flexions de G. Lenclud sur la constitution disciplinaire (stage de Royaumont, Mission du Patrimoine ethnologique, mars 1989) qui nous a conduit &#224; relire les pages de M. Foucault.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh5' id='nb5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] En France ce sont d'abord des revues qui ont accueilli ces recherches si novatrices, citons surtout Clifford 1983 dans &lt;i&gt;L'Ethnographie, &lt;/i&gt;le num&#233;ro sp&#233;cial &lt;i&gt;d'Etudes Rurales &lt;/i&gt;1985&lt;i&gt;, &lt;/i&gt;sur &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;Le texte ethnographique &lt;i&gt; &#187;, &lt;/i&gt;et Jamin 1988.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh6' id='nb6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] Sur la p&#233;riode fondatrice et la personnalit&#233; de Georges-Henri Rivi&#232;re voir Chiva 1985 et 1987, Faure 1989, et G-H. Rivi&#232;re 1989 ainsi que les num&#233;ros d'Ethnologie Fran&#231;aise 1986 et 1987 consacr&#233;s &#224; sa m&#233;moire. Un cas de p&#244;le r&#233;gional est pr&#233;sent&#233; par D. Fabre 1982.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh7' id='nb7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] Folklore Aude, Bulletin Folklorique de l'Ile de France, Bulletin du Comit&#233; du Folk-lore Champenois (para&#238;t depuis 1930).&lt;br /&gt;
3. A. Van Gennep, 1937 : 11-56, a regroup&#233; de fa&#231;on commode les &#233;tats successifs du questionnaire ethnographique sur la France depuis celui de l'Acad&#233;mie Celtique. Il faudrait y ajouter ceux des ann&#233;es 36-40 &#233;voqu&#233;s par Chiva 1987:14.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh8' id='nb8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] Sur ce que l'on peut appeler la rupture monographique voir Bromberger 1987 ; Fabre-Vassas et Fabre 1987 :127-128 en particulier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh9' id='nb9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] Quelques travaux sur ces soci&#233;t&#233;s savantes, leur fondation et leurs transformations sont en cours, citons en particulier le colloque de la commission anthropologie et ethnologie fran&#231;aise du Comit&#233; des Travaux Historiques et Scientifiques (Strasbourg 1988).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh10' id='nb10' class='spip_note' title='Notes 10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] Le beau travail d'A. Angles sur &lt;i&gt;La NRF &lt;/i&gt;et celui d'A. Boschetti sur &lt;i&gt;Les Temps Modernes &lt;/i&gt;n'abordent pas le sujet en ces termes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh11' id='nb11' class='spip_note' title='Notes 11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] Notons une r&#233;ponse d'A. Gosselin au r&#233;quisitoire d'A. Finkelkraut dans &lt;i&gt;Ethnologie Fran&#231;aise, &lt;/i&gt;1988-2 et sur la question du rapport des cultures le riche n&#176; de &lt;i&gt;Communications &lt;/i&gt;1986. Sur l'individualisme et ses racines dans la pens&#233;e anthropologique de la diversit&#233; des soci&#233;t&#233;s - chez Louis Dumont en particulier - voir &lt;i&gt;Le Magazine Litt&#233;raire, &lt;/i&gt;avril 1989, notons au passage que plusieurs num&#233;ros de cette revue ont, avec plus ou moins de bonheur, pris compl&#232;tement ou partiellement l'ethnologie pour th&#232;me.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>2. Au miroir des revues</title>
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&lt;p&gt;A consid&#233;rer, au cours des derni&#232;res d&#233;cennies, l'image qu'offrent les publications ethnologiques dans le domaine europ&#233;en, et plus particuli&#232;rement les revues issues de la discipline, se dessine une mosa&#239;que aux formes fluctuantes qui traduit assez bien la richesse et le dynamisme des interrogations anthropo-logiques dans ces pays. Ais&#233;ment constatable cette multiplicit&#233; ne peut pour-tant faire ignorer un probl&#232;me crucial puisqu'il conditionne l'existence m&#234;me de ces publications &#224; savoir celui de la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://garae.fr/spip.php?rubrique52" rel="directory"&gt;3. Un lieu de r&#233;flexion documentaire&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A consid&#233;rer, au cours des derni&#232;res d&#233;cennies, l'image qu'offrent les publications ethnologiques dans le domaine europ&#233;en, et plus particuli&#232;rement les revues issues de la discipline, se dessine une mosa&#239;que aux formes fluctuantes qui traduit assez bien la richesse et le dynamisme des interrogations anthropo-logiques dans ces pays. Ais&#233;ment constatable cette multiplicit&#233; ne peut pour-tant faire ignorer un probl&#232;me crucial puisqu'il conditionne l'existence m&#234;me de ces publications &#224; savoir celui de la circulation de l'information les concer-nant ; car, mis &#224; part les grands titres, o&#249; trouver telle revue r&#233;gionale ita-lienne, tel bulletin ethnographique portugais, catalan ou fran&#231;ais ? En effet faute de r&#233;seaux v&#233;ritables de diffusion -&lt;strong&gt; &lt;i&gt; &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;celle-ci restant le plus souvent le fait des rares librairies sp&#233;cialis&#233;es ou d'institutions que leurs faibles moyens condamnent &#224; une certaine discr&#233;tion -&lt;strong&gt; &lt;i&gt; &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;force est de constater la difficult&#233; qu'il y a &#224; prendre connaissance de mat&#233;riaux pr&#233;cieux voire d'articles de fond indispensables au bon avancement de recherches en cours.&lt;br /&gt;
Sans pr&#233;tendre, &#224; lui seul, pallier cette carence le Garae-H&#233;siode s'efforce de cr&#233;er un instrument qui soit &#224; la fois un lieu de centralisation et d'&#233;changes. Engag&#233;es depuis une dizaine d'ann&#233;es les actions li&#233;es &#224; la premi&#232;re pr&#233;occupa-tion ont permis de r&#233;unir une documentation consid&#233;rable en cours d'informa-tisation. Dans le m&#234;me temps le Garae-H&#233;siode se veut lieu de r&#233;flexion autour de cette th&#233;matique comme en t&#233;moignent les actes de ce colloque -&lt;strong&gt; &lt;i&gt; &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;centr&#233; autour des revues d'ethnologie d'Europe du Sud -&lt;strong&gt; &lt;i&gt; &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;organis&#233; en liaison avec le Centre d'Anthropologie des Soci&#233;t&#233;s Rurales de Toulouse (Cnrs&#8212;Ehess) et qui s'est d&#233;roul&#233; du 13 au 15 d&#233;cembre &lt;i&gt;1985 &lt;/i&gt;&#224;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Carcassonne.&lt;br /&gt;
L'enjeu de ces rencontres &#233;tait triple : analyser, d&#233;battre et donner &#224; voir. Il appartenait d&#232;s lors, dans un premier temps, aux membres des revues pr&#233;sentes d'exposer leur dessein et leur parcours. Tr&#232;s riches tant au niveau des intentions des comit&#233;s de r&#233;daction que dans l'inscription sociale et politique &#224; des moments donn&#233;s de l'histoire qu'elles donnaient &#224; lire, les communications connaissaient les limites d'une introspection impossible.&lt;br /&gt;
&lt;span class='spip_document_13 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:200px;'&gt;
&lt;img src='https://garae.fr/local/cache-vignettes/L200xH266/lemois200-4545e.jpg' width='200' height='266' alt=&quot;&quot; style='height:266px;width:200px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Que signifie l'&#233;cart entre d&#233;sir initial tels que les &#233;ditoriaux des num&#233;ros de t&#234;te le disent et la succession des contributions au fil des ann&#233;es, comment se sont effectu&#233;s inconsciemment ou non, tel choix ou tel refus, quelle volont&#233; sous-tendait la revue &#224; une p&#233;riode donn&#233;e... ? Il revenait aux historiens et &#224; d'autres acteurs moins impliqu&#233;s dans un projet &#233;ditorial ou dont l'&#233;tude s'&#233;tait fix&#233;e les revues ethnologiques comme objet d'&#233;clairer les facettes de cette dialectique.&lt;br /&gt;
La mise &#224; jour de ces perspectives ne pouvait que nourrir un d&#233;bat des plus forts autour de quelques-uns des points soulev&#233;s par les intervenants : quels traits communs y a-t-il entre des bulletins quasiment confidentiels, &#224; l'usage interne d'une petite communaut&#233;, et des revues de pr&#233;tention internationale entendant avant tout trouver un &#233;cho dans la communaut&#233; scientifique la plus large ? Face aux pressions de mouvements ou de partis qui entendent en faire un outil privil&#233;gi&#233; de l'affirmation de leurs th&#232;ses, quelle est la marge de la revue ? Tout aussi concr&#232;tement de quelle mani&#232;re les publications concilient-elles les imp&#233;ratifs du savoir et la gestion intellectuelle et mat&#233;rielle du quoti-dien ?&lt;br /&gt;
Dernier aspect de ces rencontres enfin dont rend en partie compte l'annuaire des revues situ&#233; en fin de volume, le forum permanent fait de stands, d'une librairie et d'une biblioth&#232;que qui offrit &#224; la consultation plus de trois cents titres, pr&#233;figuration de ce que pourrait &#234;tre le lieu r&#233;gulier d'&#233;changes et de rencontres souhait&#233; par tous les participants.&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Pierre PINI&#200;S&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour un compte rendu d&#233;taill&#233; des rencontres on verra Dominique Blanc, &#171; &lt;i&gt; &lt;/i&gt;Les revues d'ethnologie de l'Europe du Sud &#187;&lt;i&gt;, L'Homme &lt;/i&gt;janvier-mars 1987, n&#176; 101, pp. 142-145.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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