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Chemins cheminant

Cycle de films - conférences

Programme du cycle de films-conférences L’un des paradoxes des sociétés contemporaines est qu’elles conjuguent accentuation des sédentarités, notamment urbaines, et multiplication des mobilités, non seulement dans leurs aspects physiques mais aussi sociaux, biographiques, générationnels, etc. Si de nombreux travaux se sont intéressés à la question du déplacement, dans ses formes exploratoires par exemple, celle de ses supports tout autant matériels que symboliques n’a pas nécessairement bénéficié d’une égale attention. Or, de nos jours et dans nos sociétés, la notion de chemin, sur laquelle nous souhaitons porter notre regard, est au cœur de multiples pratiques (randonnée, pèlerinage, activités rurales comme la transhumance) et mobilise un imaginaire bien souvent bucolique qui sert aussi de support à la recherche d’une certaine profondeur intérieure, d’une paix (avec soi-même et les autres). En effet, n’est-ce pas sur les chemins, notamment ceux de randonnée, que de parfaits inconnus trouvent normal et même nécessaire de se saluer, alors qu’ils ne le feraient pas au détour d’une rue ? N’est-ce pas aussi au cours de ces déambulations non motorisées que serait regagné un rapport contemplatif et méditatif à la simplicité et à la frugalité ? De la sorte, tout se passe comme si ces déambulations permettant de retrouver le lien à soi-même, aux autres et à l’environnement s’emboîtaient comme une pièce symétriquement inverse dans un édifice sociétal plus général où le fait de « faire son chemin » fonctionne comme un injonction à être maître de sa vie, à en construire le projet, à y organiser les déplacements assurant sa réussite. Ainsi, à la faveur de l’amélioration et de l’extension des réseaux de transport des personnes, des choses, des capitaux et des idées, le chemin aurait finalement changé de nature. Loin d’être le prolongement auquel conduit son utilisation (l’on y arriverait après avoir quitté l’autoroute puis la route), il est devenu autre, tous les chemins ne menant plus à Rome, autant dans ses fonctions (qui touchent au loisir plus qu’à autre chose), que dans les représentations qui lui sont associées (et qui sont précisément l’inverse de celles des grands flux matériels ou immatériels contemporains). Bien que l’on s’y déplace, le chemin relève de l’ancrage ; bien qu’il y ait plus de chance de s’y perdre (puisque la signalisation y est plus faible), c’est là que, loin du maelström du monde, l’on espère retrouver des qualités ontologiques. Il est à la fois moyen et objet de transports. Lieu à part, sa fréquentation institue aussi une temporalité particulière, souvent pensée comme hors du cours du monde et de ses urgences. Cependant, le chemin ne serait pas uniquement la figure inverse des mobilités contemporaines, lieu où le trajet compterait plus que la destination. Il y a toujours plus de monde sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle et des entreprises spécialisées proposent transports de bagages ou de véhicules, navettes retour pour celui-ci, celui de Stevenson ou celui de Saint-Guilhem. Le dispositif des « route de... » est devenu d’un emploi courant dans le champ des activités culturelles et touristiques. Le chemin de Stevenson a été classé en 2015 « Itinéraire culturel du Conseil de l’Europe », reconnaissance de sa valeur patrimoniale susceptible de servir le développement économique du territoire – selon le dossier de presse 2018 de l’association qui le gère. En montagne, des consignes invitent à ne pas s’écarter des chemins pour limiter l’impact de leur fréquentation, quand cette dernière ne conduit pas à en interdire l’usage, comme dans le cas récent de l’ascension du Mont Blanc. Des conflits entre usagers apparaissent, entre cyclistes et marcheurs par exemple. Le rappel des droits de propriétés y est aussi fréquent (l’on ne peut pas déambuler partout). À la fois autre de par les caractéristiques qui lui sont attribuées, le chemin est donc aussi pleinement le produit du fonctionnement des sociétés contemporaines et permet de comprendre les processus de subjectivation et les sociabilités spécifiques qui s’y rapportent, la particularité des représentations du temps et de l’espace que suscite le fait de l’emprunter, les caractéristiques des pratiques liées à son utilisation ou encore l’imaginaire qu’il mobilise, notamment en termes de rapport à la nature.

L’objectif de ce cycle est donc de traiter de ces différentes questions en associant projection d’un film ou d’un documentaire et sa présentation par son réalisateur ou un spécialiste de la question. Les séances prévues pour l’année 2019 seront précédées d’une conférence de Martin de la Soudière, grand arpenteur de la ruralité et de ses différents chemins.

En chemin pour la Lozère

Jeudi 31 octobre 2019 à partir de 18 heures à la Maison des Mémoires Projection de deux films : Chemin de Lozère et Contre-allée. Entrée libre sur inscription

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Concours de rédaction - Sur le chemin de l’école

La ville de Carcassonne et l'ethnopôle GArae organisent un concours de rédaction sur le thème : Sur les chemins de l'école

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En chemin pour la transhumance

Cycle de films-projection 14 janvier 2020, Maison des mémoires, Carcassonne Inscriptions 04 68 71 29 69

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