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Journée d’études

L’ethnographe et ses postures
Journée d’études


Dans les années 1970, dans la foulée de la critique de l’ethnocentrisme initiée par Claude Lévi-Strauss, une autre figure de l’ethnographe émerge, rompant avec celle du savant occidental, fort de sa posture scientifique surplombante, venu collecter (et parfois piller) les témoignages du mode de vie de cultures que l’on disait « primitives », souvent considérées comme inférieures ou arriérées, dans le but d’alimenter les musées et d’enrichir une science de l’homme encore convaincue de la supériorité de la civilisation occidentale. Pour autant, la légitimité de postures alternatives a tardé à se mettre en place, déclenchant des débats épistémologiques qui ne sont pas éteints et que ces journées d’étude ont pour ambition de retracer. La figure de l’intellectuel engagé n’est pas allée, en effet, sans poser un certain nombre de problèmes, en particulier celui de son instrumentalisation, à l’heure où les communautés soucieuses de préserver leur diversité culturelle face au rouleau compresseur de la modernité ont exprimé, haut et fort, leurs revendications. Les termes n’ont pas manqué pour tenter de définir une discipline enracinant dans sa dimension scientifique la légitimité d’une action sur le terrain : anthropologie « appliquée », « impliquée », « collaborative », « coopérative ».... Au cœur de la politique de rééquilibrage et de répartition des richesses patrimoniales à l’échelle mondiale dont témoigne la Convention de 2003 pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, l’impératif de « décolonisation » se retrouve aujourd’hui et pose à l’ensemble des sciences du patrimoine un enjeu épistémologique majeur.

Programmation


jeudi 26 mars à 17 h Projection publique Ganesh yourself

film de Emmanuel Grimaud, chercheur CNRS Lesc-UMR7186 Dans la tumultueuse ville de Mumbai, apparaît un étrange robot nommé Bappa à l’apparence du dieu Ganesh. Quiconque se porte volontaire peut le piloter à distance et prendre la voix de Dieu. Très vite, Bappa devient une interface d’interlocution plausible. Alors que la fête de Ganesh bat son plein, des prêtres hindous s’en servent pour retransmettre des incantations, des astrologues y recourent pour faire des prédications à leurs clients et des militants diffusent par son biais des messages de réforme sociale. Pour la première fois dans l’histoire des religions, il est possible de se mettre à la place d’un dieu et pour les dévots, de dialoguer avec lui, le temps d’une conversation ou d’une consultation.







Vendredi 27 mars

  • 9 h 15 : Accueil
  • 9 h 30 : Introduction, Claudie Voisenat, chargée de mission recherche, Ministère de la culture , mise à disposition du CNRS, IIAC - Lahic
  • 9 h 45 : A partir de quelques points d’hérésie dans l’exercice d’une anthropologie du patrimoine, Noël Barbe, conseiller pour l’ethnologie et les sciences sociales à la DRAC Bourgogne Franche-Comté, chargé de mission recherche mis à la disposition du CNRS, IIAC
  • 11 h : La restitution comme pratique ethnographique : faire du terrain en pays Yolngu (Terre d’Arnhem, Australie), Jessica De Largy Healy, chargée de recherche CNRS, LESC
  • 13 h 30 : Hybride posture : comment naviguer entre les mondes, Renaud Chantraine, doctorant EHESS CIFRE Mucem, IIAC
  • 14 h 30 : Situer les savoirs : une approche depuis l’analyse des discours et l’épistémologie féministe, Noémie Marignier, ATER en Sciences du Langage à l’Université Sorbonne Nouvelle, CLESTHIA

Journée d’études
L’ethnographe et ses postures, de l’observation à la co-construction
26 et 27 mars 2020
Maison des mémoires à Carcassonne